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15 août

8ème jour : de Vérone à Mestre (sur la côte face à Venise) via Padova.
159 km, tout plat, j'ai croisé ce matin une course vélo de contre-la-montre, c'était top mais ça résume un peu trop bien ma journée, presque 8h à pédaler vent dans la tronche, et vu ma silhouette de choriste de gospel, c'est pas simple d'avancer, j'ai beau resté groupé au maximum, mes hanches avant et arrière passeraient pas en soufflerie.

D'ailleurs si quelqu'une veut m'offrir un vélo de contre-la-montre... une machine de guerre en mode fusée, le rêve d'une vie !! là je dirais même pas non pour rester une semaine en bord de mer, paysage tout plat, à 6h du mat il doit y avoir personne sur la route, rentré pour le petit déjeuner à 9h genre, voire 10h, je peux même ramener les croissants ! Breffff. Non mais sérieux, avec un gros plateau énorme à faire exploser les cuisses, une roue pleine derrière, casque profilé... un truc de malade ! Donc journée chaude et usante, mais jolies rencontres à proximité de Venise, un couple danois de randonneuses à vélo m'a bien expliqué comment trouver ma chambre d'hôtes, relayé un peu après par un couple de vieux gays italiens, nickel pour trouver. D'ailleurs y a une gay-pride ces jours à Venise ou c'est le hasard ?? Enfin bon avec mon bronzage je devrais pas me faire brancher trop souvent, surtout que l'italien ne plaisante pas avec ce sujet... Quoique en citadin, y a que mes mains blanches qui posent problème. Les danoises voulaient vraiment m'emmener sur l'aire libre de camping juste à côté de Venise, elles m'ont bien vendu le truc, impressionnées par mon voyage et aussi que je les aies doublées quand elles étaient en vélo pas chargées, c'est con mais fallait choisir vite, et c'est le lit une place bien mou qui a gagné ! Tant pis pour l'herbe qui fait rire ! À part ça j'ai pris une sorte de tunnel à vélos façon métro (photo), avec des sorties indiquées de temps en temps, génial ! Sauf que pour ma sortie des gens louches attendaient de chaque côté des bouteilles de verre qu'ils avaient mis en miettes, surement pour souhaiter la bienvenue aux touristes cyclistes à Venise. Moi j'ai des pneus increvables... Comme quoi une crevaison peut vite tout compliquer d'un coup, ça devrait être dans la pub pour les pneus. "Ce pneu va vous sauver la vie". Mais la pub du jour est plutôt celle que j'ai prise en photo, j'aurais pas fait mieux ! Demain c'est jour off. Des bises qui piquent.

 

16 août

9ème jour : journée off côté bicyclette, mais visite de Venise à pied après 10min de train.
Avant de parler de Venise, quelques chiffres, la 1ère partie se termine avec 1040 km au compteur, 9500m de dénivelé positif (on compte pas les descentes même si faut arriver entier en bas, à chaque fois), 58h à pédaler sur 8 jours. Ça, c'est fait, reste une 2ème partie plus dure et plus longue mais normalement la machine s'est mise en route. On verra, ça recommence demain.

Venise. Franchement, ça claque sa mère. (c'est une expression, Maman, faut pas s'attarder...) Donc, pas mal de monde mais en même temps mi-août c'est un peu normal et y a toujours moyen de trouver des endroits calmes pour respirer, heureusement parce qu'on touche du doigt le nombrilisme et la connerie avec des milliers de selfie-sticks dans tous les sens, tout ça pour avoir sa gueule de moche devant des endroits magiques au lieu de regarder. Ou sa paire de faux seins flambants neufs, qui font hyper vrai et qu'il faut absolument réussir à caser dans le cadre aussi vu le prix et juste avant qu'ils n'explosent ce pauvre soutien-gorge qui n'avait rien fait de mal, si si... Bref, de la pouf de compet' partout, et dans toutes les langues. Mais je m'égare, en même temps Venise se passe de commentaires alors je vais me taire et arrêter de grogner. (Y avait quand même de très jolies filles au milieu des poufs, heureusement !) À demain !

17 août

10ème jour : cap au Nord depuis Venise jusqu'à Imer, début des Dolomites, 128 km, quasiment 1000m de dénivelé, ça commence à monter, petit apéro des prochains jours.

Matinée plutôt calme et plate, remise en jambes tranquille après la journée de "repos" (la visite de Venise c'était pas vraiment piscine à bulles, salon de massage, Kiné bienfaiteur et bain de boue... faudra faire mieux la prochaine fois dans le planning), donc j'ai continué ma nuit en pédalant, mais agréablement réveillé un peu après Treviso quand je suis passé au travers d'une région peuplée de cyclistes routes filles, grande tresse ou queue de cheval pour ces Dames, toutes en tenues de club, le plus souvent accompagnée de Monsieur (pour confirmer que je ne rêvais pas), doit y avoir une pépinière par là-bas... Et même qu'une championne m'a dit "Bônjourrr !!" en passant... je crois avoir bafouillé une réponse incompréhensible, on va oublier ce détail. Les Alpes italiennes qui se dessinent démarrent direct avec une vallée encaissée à remonter, des tunnels qui s'enchaînent à douter régulièrement que c'est également la place d'un cyclotrotter, mais j'ai croisé les Carabinier en Fiat Panda, et nada, ils ne m'ont pas carabiné donc j'ai continué ma route inconsciemment, de toute façon y en a pas d'autre. Enfin c'est là qu'il faut faire un effort de calme car les tunnels en montée, le plus long faisait plus d'un km, ça n'en finit pas, le bruit d'une voiture c'est un peu comme un train qui te passe dessus vu comment ça résonne dans un tunnel étroit, alors vu qu'il y a les bagnoles, les camions, les motos, ben t'as l'impression de te faire écrabouiller de différentes façons, et même simultanément parfois, c'est curieux la sensation. Mais tout est dans la tête car je suis bien visible, je vois à peu près bien même quand c'est pas trop éclairé, et les véhicules vont relativement doucement, donc zénitude. Sauf que j'ai rarement pédalé aussi fort pour sortir... et dès la sortie du tunnel tu cherches la ligne d'arrivée, le public, les hurlements, les encouragements, les colliers de fleurs, mais RIEN, y a rien qu'un autre tunnel juste après. Galeria galeria... ça ressemble à une attraction chez Disney, surtout le moment où tu te dis que t'aurais peut-être dû ne pas le faire celui-là de manège, quand la barrière vient de te verrouiller. Une bonne soirée et une bise qui pique, faut pas abuser, j'suis propre vite fait, eau chaude hésitante.

18 août

11ème jour : Imer jusqu'à Merano, des Dolomites au Sud-Tirol italien, en passant le Passo di Rolle (1984m) et Bolzano, soit 137 km pour un dénivelé de 1733m. Ça a monté dur aujourd'hui mais bonne montée au col, belle route, ambiance de cyclistes qui me rattrapaient petit à petit vu mon départ à 7h et ma vitesse de mulet.

Cela dit j'ai vu passer au tiers de la montée un jeune espoir du cyclisme italien, qui montait vite, trop apparemment, vu que je l'ai doublé un km plus loin, serré au bord, les coudes sur le guidon, bien penché en avant... j'espère qu'il avait pas trop mangé au petit déj, en tous cas faudra recommencer. L'école du vélo c'est rude, on se fait exploser la cafetière au début, l'altitude n'aide pas, mais après normalement on vomit plu(s). Pour ma part c'était à 14h que rien n'allait plus, la descente du col était en fait pourrie et y avait beaucoup trop de montées, deux petits cols à passer, ça coupe les jambes après le gros. Breff, j'étais d'humeur à tuer quelqu'un mais j'avais personne sous la main. Et puis ça s'est arrangé vers la fin, je devais m'arrêter à Bolzano comme prévu pour la nuit, mais 16h30, 110km au compteur, c'était jouable d'en faire plus et de me rapprocher de l'horrible col de demain. Surtout que c'était sur une piste cyclable style autoroute à vélo très roulante. Donc ambiance contre-la-montre sur 25 km de plat, les jambes étaient revenues, vent favorable donc pas de pénalité du chargement comparé aux autres vélos, bref, ça a envoyé du pâté, 30-35 km/h, les mains derrière le top-case avant, toujours bien groupé, objectif camping pour espérer avoir une petite place (d'un camping complet), et dans l'oreillette virtuelle y avait le coach imaginaire qui criait "Allez gamin ! On va la chercher cette victoire ! On la ramène à la maison ! On joue la gagne !" avec un peu la voix du type de rugby du sud-ouest (je sais pas trop pourquoi, mais c'est pas toujours la même voix). Et j'ai revu des anciens collègues aussi en passant sur cette voie super lisse, quelques vrais bons en roller de vitesse, ça fait plaisir des gens qui savent patiner, ça rappelle des souvenirs, double-poussées très longues, lent et en force, le dos tout à plat et ça déblaie !! Et ça met les poils direct même en spectateur, enfin pour moi, je doute que ça éclate beaucoup de monde. Repas du soir assez parlant, sortir d'un gros McDo, marcher dix minutes, et se refaire un kebab Coca. Calé mais juste bien. Sinon ça parle allemand et italien ici, d'où le début des douches assez conviviales dans le camping, faudra pas compter sur l'Autriche pour y avoir de l'intimité ! Bonne nuit, parce que demain c'est une Montagne pour aller en Autriche, le Timmelsjoch côte italien, une étape dantesque à faire trembler tous les bikers, et moi aussi mais j'suis inconscient alors ça va. Les bises qui piquent.

19 août

12ème jour : Autriche !!! De Merano en Italie (alt 350m) via le Timmelsjoch / Passo Rombo (alt 2509m) puis Sölden jusqu'à Umhausen, dans le Tirol autrichien. 97 km et D+2361m, chaque mètre compte tellement j'en ai bavé, parti du camping à 7h, arrivée en haut du col vers 15h45... Camping trouvé à 18h... J'suis ratacuit.
La journée a démarré en remontant une vallée, belle piste à vélo, manquait juste le goudron... Les pommes étaient bonnes.

Puis la montée pour de vrai. Soleil. Pluie. Soleil. Re pluie mais qui mouille bien là... Ça sentait la haute montagne qui se laisse pas faire... Pente avec des portions à 10-11%, franchement c'était violent, désespérant, un peu comme un marathon en pire, ou un marathon avec 50kg sur les épaules, plus de 4h de montée pour juste les 30 km du col, sans les arrêts... heureusement j'ai trouvé un autre cyclo dans le même état que moi, autour d'une Bratwurst Coca, on a fait le yoyo toute la montée et on a finit juste ensemble à la fin, il venait d'Ukraine côté Slovénie (photo en roulant et photo de moi du coup...). On verra demain comment ça tourne mais deux grosses journées de grosse montagne à la suite, ça laisse des traces, faut réparer, les tendinites restent pas trop silencieuses, j'attaque le deuxième tube de Niflugel . Et côté ressources, faut que je mange plus, ou encore plus, pour compenser. Le moral est suffisamment bon pour qu'il n'y ait pas à se poser de questions, mais les journées s'empilent et font mal ces jours, ça reste normal vu les difficultés. Demain cap sur la maison, enfin elle est loin là, très loin. Des bises fraîchement autrichiennes.