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20 août

13ème jour : Welcome to Switzerland !! 140 km, de la vallée d'Oetz en Autriche à la vallée de l'Inn jusqu'en Suisse à Zernez, dénivelé de 1610m aujourd'hui, 8h à pédaler, fatigué mais ça va !

Tout avait débuté pour le mieux ce matin avec un franc soleil autrichien, pourtant j'étais d'humeur à exploser une noix de coco si j'en avais eu une pour compagnie, les jambes tournaient mal... Bref, mais beaucoup de kilomètres tombés du ciel sur des routes à vélo très sympas, plein de cyclo et de cyclistes, ambiance VTT parfois aussi, alors la banane est revenue, belle rencontre avec un couple autrichien à vélo de route, Monsieur m'ayant laissé des barres énergétiques, ça m'a été bien utile pour finir !! Parce que pile à la frontière Suisse, le déluge s'est abattu, à 14h... restait 40 km en montée, gaugé jusqu'à 18h ! Heureusement l'équipement allait bien, même si c'est clairement pas une réussite esthétique la capote de casque jaune fluo pour la pluie, c'est laid mais sous des trompes d'eau, c'est royal ! Mais quand on se croit au bout du monde dans une vallée reculée qui fait que monter, eh bien on croise des parisiens... bien au chaud dans leur grosse berline. Sans aucun cliché, ce serait mal me connaître, genre bobos du Marais, je vous la fais courte : Jean-Emmanuel me remarque et "Tu as vu, Boris, le petit frenchie ?? So trendy sa capote !! Jaune fluo, en plus, dans le noir, tu imagines aux soirées ?!" ... voilà à quoi on pense quand on pédale dur sous la pluie... Demain on verra, j'suis à 1400m d'altitude là pour la nuit, il pleut, il caille... alors faut que ça s'arrange un peu niveau pluie pour pouvoir passer le prochain col, donc à suivre ! Les bises humides...

21 août

14ème jour : Toujours en Suisse, de Zernez à Thusis, en passant par le Flüelapass (2383m) puis Davos, ça continue vers l'ouest en suivant les vallées et les cols. 82 km, D+1300m.

Journée qui a démarré en pente douce, après une soirée bien humide et bien fraîche, on s'est retrouvé à plusieurs pour dîner dans un préfabriqué-cuisine-pour-réfugiés-en-tentes-de- bivouac-sous-grosse-pluie, super soirée avec un couple de Barcelone, vrais Mountain-bikers fêlés (photo le matin) dans un raid tout-terrain en duo avec remorque une roue. Donc forcément heure espagnole le lendemain matin, mais quand même à 7h en train de s'endormir en séchant les fringues de la rincée de la veille, c'est l'avantage des campings de montagne, c'est prévu ! 7 degrés au réveil, ça pique un peu, surtout humide, et début de pédalage en cuissard mi-saison car trop froid. Là on va dire qu'on s'en fout, sauf qu'assez vite en montant, y a fallu changer de cuissard. Un vrai bonheur en bord de route de montagne, bretelles + rien dessous, pour résumer pour les non-initiés, eh bah ça caille bien ! Et faut aller vite, ça peut être louche un type à poil en bord de route... Bref. Montée violente because vent violent en pleine tronche toute la montée, et d'ailleurs toute la journée. Enfin c'est comme ça tous les jours, j'y connais rien en météo mais si on me dit que le vent vient de l'ouest, ben je pourrais bien y croire ! Sauf que dans les vallées c'est encore mieux car il les suit, et baaaammm toujours de face ! L'altitude aussi a compliqué la tâche, le temps hasardeux mais plutôt beau n'a pas été gênant, hormis les 9 degrés pour redescendre de la montagne, avec le vent et la vitesse c'était l'hiver ! Côté tunnel j'ai passé mon plus long : 2.7 km, on en voit pas le bout... ok on passe. Ah oui tiens, l'hôtel de passe en haut du col... Ouvert dès 7h du mat (!!!)... enfin l'hôtel du col par où on passe, vu qu'un pass c'est un col, mais rien ne se passe dans l'hôtel, enfin on sait pas, y avait pas les tarifs. Et puis avec ce froid... Arrivée un peu plus tôt au camping que d'habitude, un gros tas de pluie évité de justesse à la fin, donc séchage de tente, "lessive de trucs qui puent", et changement de plaquettes de freins arrières pour pas bouffer les disques, parce que ça freine fort, 125 kg à ralentir avant chaque épingle ! Allez, une bonne nuit, demain y a encore un autre col, de toute façon la Suisse c'est connu pour pas être plat, eh ben c'est pas des conneries !!

22 août

15ème jour : Direction Andermatt cette fois (nuit montagne à 1400m) en passant par Flims (un col qu'on m'avait caché...) puis l'Oberalppass (2044m).
La montagne était belle aujourd'hui. Les jambes tournaient bien, remis de ma gueule de bois espagnole, donc les difficultés sont relativement bien passées, hormis une cheville HS mais c'est normal, ou prévu.
103 km, D+2124m, oui ça n'a fait que monter aujourd'hui, belles descentes aussi. Parce que le petit Suisse est joueur, ce serait trop facile de faire une route en fond de vallée et le col au bout, ça se fait ça, mais pas ici. Le petit Suisse est content quand ça monte et encore plus content quand ça descend, alors il fait des routes toutes bizarres avec plein de tunnels et de ponts, il fait remonter la route sur le côté de la vallée juste pour qu'on puisse saluer le curé d'une église au plus près dans un minuscule village un peu moins isolé pour le coup, puis on redescend vers la rivière tout au fond parce que c'est joli, puis on remonte, et on redescend... et là, qu'est ce qu'il est content le petit Suisse !
Donc ce matin, chafouin. Grosse montée donc, pas trop prévue pour passer à Flims, et juste avant de croire pouvoir se taper un tunnel de ouf pour éviter la dernière bosse, interdit au vélo... Je prends sur moi, je fais une photo et voila. Sauf que là, un gros con en vélo électrique me double et me fait signe que c'est interdit au vélo et donc que je dois me taper encore de la montée, et même pas genre bonjour, juste genre bien fait pour ta gueule. Là, franchement, j'aurais bien déposé les sacoches pour le rattraper, couper le jus de sa mobylette, et voir combien de secondes il allait tenir dans son énorme polaire fermée jusqu'en haut. Peut-être le temps que met un crapaud qui fume à exploser. À voir. Rien à avoir, ou presque, parce que j'ai croisé un crapaud aplati, de même silhouette que ce gros con de touriste allemand à vélo (?... simple intuition).
Bref, une belle journée, un massage du pied à Trun, sans rapport, avec Georges, juste assis sur un tronc. Bon.
Un excès de vitesse à l'entrée de Schluein, 64 km/h pour 60, petit excès.
Et une arrivée magique à Andermatt, c'est de la bombe comme endroit, mais surtout parce J'ai sauvé un petit rapace, rien que ça ! En arrivant au camping, j'entre avec la petite vieille ratatinée de l'accueil qui finissait une vieille clope dehors et direct elle s'affole, dans son bungalow de réception, une bestiole s'affolait, perdue dans la salle, juste la porte était ouverte mais les fenêtres fermées. J'y connais rien en rapaces, genre comme un gros pigeon en taille. La vieille piquait pas grand chose en anglais, mais vu sa tête, elle était d'accord de me laisser faire et restait collée à l'autre bout de la pièce. La bestiole était fatiguée, les fenêtres s'ouvraient uniquement en basculant (un truc d'allemand ça...), j'avais encore mes gants de vélo, je me suis dit que j'allais chopper le poulet. Comme c'était galère, je demande un carton ou un truc à la vieille et là elle me montre un torchon, et comme le seul truc que je sais avec les rapaces c'est le bonnet qu'on leur colle sur les yeux pour les calmer, j'ai fait "un peu" pareil. Blocage dans un coin, plongeon au torchon, et hop. Et c'est pas bien dodu. Ni costaud comme poulet. Faut pas y serrer de trop sinon tu sens bien que ça va tout le casser. Et là forcément, j'ai sorti l'iPhone de ma poche arrière d'une main, je le tends à la vieille qui en piquait encore moins en iPhone qu'en anglais... et une rafale de 51 photos moches, mais, on y est arrivé !! J'étais content, la vieille aussi, puis on est allé dehors, et délicatement posé, le poulet au torchon s'est envolé d'un mange-debout de bar. Et puis elle m'a fait cadeau d'un Coca frais, la vieille, pour le poulet.
Belle journée donc.
Les bises et bonne nuit, et demain ? Bah, ça monte. Et puis ça redescend.

23 août

16ème jour. Normalement le dernier soir en Suisse. Début d'étape à Andermatt, 5 degrés au réveil dans la tente, avec le bonnet ça va et de toute façon on s'en tape, le cadre est juste parfait pour se réveiller. Ascension du Furkapass (2436m) le matin, puis plein ouest un peu après Brig, à Raron. 102 km, D+1222m, c'était prévu que ça monte, ça a monté.
Quand un tracé est bien fait, ça finit en apothéose question montagne, et là je dois dire que le col de la Furka - "das ist WUNDERBAR !!!" - comme dirait un costaud de Suisse à bicyclette après m'avoir passé dans une épingle, en s'adressant aux montagnes autant qu'à moi, et probablement autant à ses cuisses... Oui parce que, sans que ce soit un scoop, un vieil ami psy et cycliste, m'a confié l'an passé en souriant avec l'accent du sud - "le vélô, c'est un peu sadô- mazô !" ...
Quand ça monte fort, surtout au-dessus de 2000m, chargé comme un mulet, y a pas trop d'autre solution que de monter au rupteur, faut juste arriver à trouver un endroit propice pour s'arrêter, le mieux étant de tenir une quille de bord de route, un mur, le grillage anti- éboulement, le top c'est les piquets pour la neige parce que c'est haut, ça permet de rester cliquer au vélo, bien dans l'axe de la pente, frein serré, et d'attendre que le cœur redescende hors de la zone rouge pour repartir, tout ça à un endroit où tous les autres de passage pourront nous éviter. Parfois quand la pente est rude, si y a une quille tous les 20m, le top ça va être d'en passer une sur deux sans s'arrêter, le grand frisson... faut juste penser à rien, et petit à petit ça monte. Comme dirait mon ami cyclotrotter ukrainien Vilmos rencontré entre l'Italie et l'Autriche dans le Timmelsjoch - "on a le temps, ça ferme à 20h" - il devait être 10h, on est arrivé vers 16h en haut...
Voilà, dans l'ensemble ça va plutôt bien, belle descente, un tout petit peu plus qu'avant, 67 km/h max, mais faut rester prudent car toujours beaucoup de vent en rafales donc ça fait tanguer la Harley et faudrait pas finir dans le cul d'un bus ou sur le porte-bagages d'un motard.
Belles rencontres de cyclistes en haut de la Furka, croisements et histoires différentes, grand soleil de midi, personne avait envie de redescendre. Les gens commencent à écarquiller sérieusement les yeux en voyant le parcours, enfin avant c'était le même mais après deux jours personne prend la chose au sérieux, on laisse parler le gamin et basta, alors qu'après 16 jours (dont 1 off) et un peu plus de 1800 km, ça comprend mieux que j'étais sérieux.
Bref, une bonne nuit pour filer en France demain soir si ça roule, rien d'autre à ajouter, l'hôtesse du camping était toute bien coordonnée, boucles, top et make-up, tout en turquoise, une harmonie perturbante en ce beau pays qu'est la Suisse, mais quand j'ai pu voir ses chaussures immondes, j'étais rassuré ! Y a un petit côté allemand dans le fringue Suisse, toujours un petit truc bien moche, ceci dit la fille était jolie, mais niveau souvenir, bien en de ça de ses chaussures !!

Des bises qui piquent.

24 août

17ème jour : Ça a bien roulé aujourd'hui, pas de bouchons pour le retour temporaire en France, 143 km plus ou moins plat, vent de face comme d'habitude... vallée du Rhône en Suisse, Sierre, Sion, Saint-Maurice, jusqu'au lac Léman pour finir en France après Evian, à Amphion-les-bains, juste une nuit, pas facile d'y habiter...

Quelques cyclistes sur la via rhona, mais j'ai pas souvenir qu'on m'ait doublé quand je roulais, pourtant vent de face... y a un truc qui s'est passé à la montagne, soit tu y survis pas, soit c'est mieux que l'EPO. Ceci dit les gens me regardent un peu comme un alien, des cyclo m'ont fait remarquer ce midi très justement que j'avais une selle de vélo de course sur mon vélo de voyage. Effectivement. Alors j'ai sorti le road book, et j'avais fait deux fois et demi plus qu'eux dans sensiblement la même période, env 800 km pour eux alors que je frôle les 2000 km ce soir. Alors c'est qui le plus fort des jambons ?! Bah voilà. N'empêche que ça s'entretient la mécanique qui dérouille, le 3ème tube de Niflugel est dans les starting-blocks ! Mais pas de souci, moi je fais juste l'entretien en course, pour l'après j'ai une top équipe doc/psy/kiné/pharma donc je délègue la suite, je m'occupe de tout casser et le staff répare, c'est convenu, et avec le sourire parce que je fais des blagues, et même drôles parfois. A la frontière j'ai pas marqué d'arrêt, le douanier français en armes m'a checké, je roulais tout doucement, il a hésité, "chef chef on fait quoi, barbu mais drapeau français bien en vue (...) oui mais barbu (...) mais drapeau (...) mais trop de bordel qui pue à fouiller dans ses sacoches (...) bon ok vas y mais on t'a dans le viseur alors déconnes pas !!" ... Ça rigole pas un douanier... dire que j'aurais pu passer 35 kg de coke, alors qu'il me restait juste 4 petits sacs de 50g d'isostar. D'ailleurs demain j'y retourne, re petit passage en Suisse à Genève et puis je ressors, je rentre et je ressors, je rentre et... (Nemo... enfin Marlin). Bon, bref, bonne nuit. Et pas de bisous ce soir, j'suis propre alors pas de contact physique entre nous. note : plagiat assumé d'un Beigbeder que je n'ai pas encore vu.