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12 août

7ème jour : Et là, c'est le drame ! Muffin a été victime d'un crash test dans sa cabine à l'intérieur du vélo. L'avantage d'un vélo excessivement chargé, c'est que quand il décide de se vautrer quand il est appuyé contre un mur, il le fait façon Éléphant qui se couche sur le côté, ça va doucement au début et puis prouffff. J'ai eu beau courir quand j'ai vu l'embarcation commencer à prendre son envol, j'suis arrivé une demi-seconde après le salto avant de Muffin dans sa capsule. Elle est en pleine forme, même pas mal, un peu en manque d'affection de son papa juste après le crash, chose faite aussitôt, et juste après un tas de gamins de colo sortait de la piscine du camping et alors là, une pluie de papouillages par une 20aine de mains, refaite et prête pour de nouvelles cascades !
Sinon aujourd'hui on s'est fait la Cime de la Bonette, 2802m d'altitude, la plus haute route d'Europe, un peu moins de 4h de montée avec les pauses pour 1600m sur 20 km de mémoire. 1ère moitié difficile, genre lendemain de fête et j'aime vraiment pas monter dans les sapins ou les pins, ça me gonfle le bas, par contre à partir de 2000m c'est plus drôle. Et j'ai repris à ce moment là un type en sacoches, bizarrement pas sympa qui m'avaient doublé dès le début de la montée, hyper trop vite même s'il devait n'avoir que 15 kg. Ce con marchait en bord de route pour faire passer les crampes, ce malpoli n'a pas répondu à mon deuxième bonjour non plus, du coup.
Voilà voilà, toujours plein de sourires, de rires, d'enthousiasmes et d'encouragements, dans toutes les langues, sur notre passage, les cyclistes en bavent déjà tellement à vide, alors un poids lourd façon arche de Noé, ça impressionne... le facteur le plus haut d'Europe, avec les plus grosses sacoches que les marmottes ont vu passer.
Pour la suite, vos voyageurs s'approchent de la mer, mais pas demain, demain c'est dimanche.
Les bises qui gratouillent.

 

13 août

8ème jour : on voulait voir la mer, c'est fait. 168 km, beaucoup trop, mais ça a commencé de Saint Etienne de Tinée avec un parcours contre-la-montre descendant puis plat de 90 km, j'ai trouvé des potes en vélo de course pour rouler avec, vent légèrement favorable donc j'étais pas trop désavantagé avec ma silhouette bien portante. J'ai même pris des relais, ça leur était jamais arrivé aux autres de prendre la roue d'un facteur à 40 km/h sur le plat. Faut quand même expliquer que je suis taillé comme un rouleur, grand et lourd, donc le plat, ça dépote. Mais c'est aussi un gabarit qui va bien pour un grimpeur surchargé, faut des watts pour monter sa coquille. Euh... lourd c'est relatif au vélo, niveau rugby je ferais l'arbitre plutôt. 
Résultat 3h pour les 90 premiers km et devant la mer à 11h18. 
Puis à 11h19 on était saturé de l'ambiance bord de mer, après une semaine de montagne le choc a été traumatique, un ours sur le littoral avec son écureuil sur l'épaule, on n'a pas bien vécu la Côte d'Azur, enfin plutôt les gens, alors d'un coup les consanguins de la montagne nous ont manqué, terriblement.
Ceci dit, c'est quand même fort joli, si on passe vite sur SaintLaurentduVarAntibesJuanlespinsCannesLaNapoule, ça commence à avoir de la gueule à partir de Théoule sur Mer et Miramar avec la très chouette baraque de Pierre Cardin, le Palais Bulle (sur ma photo iPhone on voit pas grand chose, googlisez ça vaut le coup pour ceux qui connaissent pas).
Une journée bien remplie en somme, je ne suis pas sûr qu'on retiendra un quelconque souvenir des milliers de culs et seins qu'on a croisé, doublé, évité... et subi (trop souvent). Hormis probablement celui d'une jeune pilote hors pair de scoot italien qui nous a aidé à survivre à la traversée du bord de mer à Cannes, à condition de mettre le paquet dans les accélérations, elle a fini par me semer. Enfin voilà, la Côte d'Azur, on va pas s'éterniser par ici, petit retour dans les terres en fin de journée pour se poser, harassés par ce monde là.
Bonne nuit les petits.

 

14 août

9ème jour : Journée de merde. On voulait une journée cool, résultat on nous sort une étape vallonnée dans la Provence sauvage surchauffée, ambiance désertique sur plus de 120 km, certes pour échapper au Sud, mais vu le tarif du camping à Manosque j'en déduis qu'on nous prend pour des pigeons comme sur la côte, la mer en moins. C'est tellement mieux la montagne, sans commune mesure, 3 degrés le matin ça réveille, enfin bon j'ai les nerfs pour à peu près tout aujourd'hui donc, bref ! 
Déjà faut savoir que les régions vallonnées, c'est typiquement le genre de chose qui me fait chier en vélo, ça monte pour rien, 1500m de dénivelé positif aujourd'hui, pour que dalle, franchement ça bouillait sous le casque, heureusement que tout le monde faisait la sieste à l'ombre le long de la route. Ça doit être un coup des Dieux les tas de collines emmêlées, ils devaient hésiter entre faire du plat ou des montagnes, et puis là on a encore dû être très con pour un truc et pour nous emmerder ils nous ont foutu des collines, des monticules, des taupinières, des putains de bosses qui servent uniquement à faire grimper la température à plus de 41 sur la Harley en plein cagnard. Mais bon, 36 à l'ombre on va pas se plaindre, ça aurait pu être pire. Bon j'arrête de râler.
Début d'une belle journée qui s'annonçait, semblait-il (j'arrête), j'ai décollé tôt, s'en est suivi un matin pas réveillé mais Gauvain ne m'a pas quitté de toute la matinée, "Pourvu"... en boucle dans ma tête, de jolies illusions pour un avenir avec une belle Contrainte, un jour peut- être...
Mais retour à la réalité, à la Motte, j'avais les jambes en compote. Puis un coup de chaud de toute évidence à Trans en Provence, avant un coup de sang à Draguignan, mais on a posé notre carrosque à Flayosc à l'ombre d'un olivier et la fatigue s'en est allée. Jusqu'à finir en tomate séchée. Tout énervé. Mais c'est terminé. Et ces rimes qui me font chier !
Évidemment qu'on s'est quand même bien amusé en ce jour particulier, sauf que Muffin commence à ressembler à une chienne de la rue, avec ses traces de chaîne de vélo sur le dos, ça fait style. Pas de souci ça part au lavage... 30 degrés cycle délicat, lessive au savon de Marseille elle préfère sinon ça la gratte. 
Pour la photo étalonnage longueur du teckel avec mes pieds, il faut prendre en compte mon 46 (ça chausse petit Sidi, je fais 45 plutôt - je dis ça pour les cadeaux) et côté Muffin, elle est même pas étalée complètement, la tête levée et la queue repliée, sinon je pouvais pas cadrer.
Demain. En théorie c'est raisonnable, sur le papier du moins, pour se refaire une santé et s'approcher du Mont Ventoux, qui, si la météo nous en donne l'opportunité, devrait mettre à mal mes petits mollets !
Allez bonne nuit. Des bises qui chatouillent, du grand barbu et du nain poilu.
Note : l'agacement du jour n'est en rien lié à l'absence de culs et de seins sur la route du jour, pour les petits malins de la sur-interprétation, bande de psychopathes !!! Des bises en plus pour les tordus.

 

15 août

10ème jour : De Manosque à Sault, dans le Vaucluse au pied du Mont Ventoux, 80 km, petite journée sur la route !
Nous partîmes à l'aube de bonne humeur comme chaque matin, après un petit déjeuner tout particulièrement adapté à notre rythme de vie, bio, léger, équilibré et diététique, sans édulcorant mais bourré d'antioxydants cela va de soi. Une énorme Fougasse gavée d'huile d'olive, un brownie maison plein de beurre et de sucre, avec un demi litre de Coca frais sans glace, voire plus, pas mis de trait sur la bouteille d'un litre et demi. Top.
Aujourd'hui ça montait un peu plus que ça descendait. Si vous saviez comme je les aime les collines de mon voyage, je m'en délecte un peu plus chaque jour sous un soleil chaleureux. Il me vient à l'esprit un film dont mes lecteurs abonnés ont probablement déjà entendu parlé dans mes papiers, j'ai parfois la mémoire qui flanche... "L'anglais qui gravit une colline mais descendit une montagne", un très joli film avec Hugh Grant parfaitement parfait, une petite chose hors du temps qui fait un bien fou, très Chère, si vous saviez. D'ailleurs la Pépette à son papa est en train de filer à l'anglaise et j'en perds le fil de mes écrits. Mufffiiinnn !! VIENS LA !!!! (vous noterez l'élégance, après Hugh, ça contraste.).
On a croisé de la lavande tondue, plein, et des abeilles décontenancées devant pareil spectacle. Muffin a cherché des truffes sous les chênes et on en a trouvé des caisses mais vu le poids on a tout laissé sous un arbre de bord de route avec un petit mot "Servez- vous. 1000 €/kg" à côté du quel on a mis bien en évidence une boite de sardines qu'on a pris soin de bien lavée. On passera demain récupérer notre dû. On a vu faire ça en Suisse, de toute évidence nous sommes confiants, demain c'est sûr, on va s'en mettre plein la panse avec notre recette. Et ça en même pas une journée, les gens sont formidables. Et Muffin a encore tellement de talents cachés, elle les cultive en faisant la sieste.
Autrement, on a partagé quelques longueurs avec des cyclistes, ça roule pas mal par ici, c'est plaisant.
Et on a fait sensation en traversant le marché de Banon (je pourrais en faire deux pages juste sur Banon, bah si, pardon, on oublie... Banon.)
Quelques mots sur Saint Maime, au lieu du selfisme en devenir, bientôt des pèlerinages seront organisés pour des générations de narcissiques désœuvrés, une perche à selfies sera offerte, gravée Je Maime et je le vaux bien.
Demain le Mont Ventoux, si le vent ne nous met pas à l'horizontal avant le sommet. Ça nous arrangerait que non vu qu'on voudrait bien redescendre de l'autre côté, sinon on sera tout chafouin.
Les bises qui piquent. Et prenez soin de vous, parce que si vous comptez sur nous... c'est pas gagné.


 

16 août

11ème jour : les gens sont des ingrats, on nous a piqué notre boîte à sardines. Dire qu'on l'a lavée pour rien, avec du gel douche, qui va limite manquer demain. Passons.
Alors une bien belle journée, au sommet du Mont Ventoux vers 11h, c'est le paradis des cyclistes, jamais vu autant de monde sur la route en vélo (hormis les jours de course...). On a eu toutes les sortes d'exclamations et de non-exclamations parce que plus d'air dans les poumons. Et comme il y a, comment dire, de tous les niveaux qui s'attaquent au Ventoux (contrairement aux Alpes où le niveau de pédaleux est plus homogènement haut), j'ai eu un peu tout du long des gens avec moi, et j'en ai même perdu en route. La palme des excuses bidons pour s'excuser de se faire lâcher par un mulet revient à : "ma femme monte par une autre route alors je vais pas trop vite et je fais des pauses pour pas arriver avant elle." Et dans le genre faux cul ? Le bide posé sur le cadre, à cracher ses poumons quand on est dans les pentes faciles, ça me paraît pas au top de l'athlète tout ça. Mais bon, je lui en veux pas, paraîtrait-il que c'est toujours la faute des femmes. Enfin sans insister lourdement, personne non plus l'a forcée à sortir avec, donc balle au centre.
Avec tous ces amis du moment, heureusement que j'avais du métier après ma semaine de globules en montagne, parce qu'il a fallu que je discute tout du long ! Pour dire et redire le poids de l'étalage, et que si, c'était très lourd, que je souffrais atrocement le martyre, que je marchais sur des braises tous les soirs et que je me perçais les orteils avec des épingles à nourrice au petit matin, enfin de les conserver dans mes chaussures de vélo toute la Sainte journée, pour expier tous les péchés de l'humanité (mais pas les miens, je suis tellement empathique et altruiste... enfin c'est surtout que ça prendrait trop de temps les miens, paraîtrait-il, (NDLR on sait pas pourquoi ça paraîtrait-il beaucoup ce soir), de ce qu'on dit... assurément que c'est vrai. Pire même.).
Sans transition, sujet d'investigation du jour, Fort Boyard dans le parfait petit camping municipal de Grignon, dans la Drôme, la douche ! Il ne faut jamais douté de l'utilité de bouts de ficelle dans un camping. Mais le plus drôle c'est quand la douche fonctionne avec deux robinets à bouton poussoir (ça se règle pas, on off basta), un sur l'eau chaude, un sur l'eau froide. Vous voyez le truc ? Faut appuyer simultanément sur les deux pour avoir la bonne température. Mais si tu mets pas les ficelles pour bloquer les boutons, fatalement l'un s'arrête avant l'autre, ou sinon t'as pas de mains pour te laver (ça devient technique avec un pied une main), et là soit tu te fais ébouillanté, soit congelé. Instantanément, sans prévenir. Mais avec les ficelles, la meilleure douche qu'on puisse imaginer, dans un endroit où les gens prennent le temps de vivre au calme (et le commentaire n'est pas sponsorisé par le Routard, d'ailleurs il y ait sûrement déjà !).
Un mot sur l'après-midi, il fallait bien s'occuper après avoir réglé son compte au Ventoux alors nous avons poursuivi notre remontée vers le nord, vent de face, mais le cœur léger alors le vent du nord ne nous a aucunement gêné de souffler fort. Et même quand la pluie s'est mise à nous rafraîchir, j'en ai pédalé que plus vite (oui là c'est pas nous parce que le teckel fout rien, qu'on se le dise).
Demain on continue plein nord, on s'arrêtera avant la cercle polaire, promis, pour cette fois uniquement.
Bonne soirée et vive les ours libres qui piquent.
note : dans deux jours c'est fini, alors préparez vous à l'idée, achetez un bon bouquin... parce que faudra pas venir m'emmerder après pour avoir une suite quotidienne. Évitez quand même le Prozac. Mais ouiii, des bises quand même, encore ce soir, faut bien.